region autonome du Xinjiang

!fiche du Xinjiang

Carte Xinjiang

Nom : Xinjiang

Nom chinois : 新疆维吾尔自治区 (Xīnjiāng Wéiwú’ěr Zìzhìqū)

Statut : Région autonome

Capitale : Ouroumtsi

Population : 22 643 000 hab. (2013)

Superficie : 1 664 897 17 km2

Le Xinjiang est une région autonome ouïgour située à l’extrême nord-ouest de la Chine. Renommée pour ses traditions atypiques, ses chants et ses danses, vous découvrirez une région loin des clichés chinois. Le Xinjiang est aussi une terre dépaysante traversée par la célèbre route de la Soie et bordée par des montagnes, des forêts verdoyantes et le désert. Un passage dans le Xinjiang rendra votre voyage en Chine unique et inoubliable.

Histoire

Les nomades et les habitants des oasis

La clé de l’histoire du Xinjiang réside dans l’existence de deux populations distinctes : les pasteurs nomades, au nord du massif Tian Shan et les sédentaires des oasis, au bord du bassin du Tarim. Les premiers nomades étaient des Xiongnu, les sédentaires appartenaient à un peuple indo-européen, les Tochariens. Au cours des millénaires, ces deux groupes ont vu leurs composantes ethniques évoluer, mais ils demeurent jusqu’à aujourd’hui la base de la civilisation de la région.

Bouddhisme

Les langues et les idées empruntèrent les mêmes voies que les marchandises et, dès le IIIe siècle, le bouddhisme s’était implanté dans le bassin du Tarim. Surgirent alors de puissantes cités-États bouddhiques, telles Hotan, Kuqa et Turpan, où s’épanouit un art superbe, mêlant les styles cachemiri, perse, indien et même grec.

Au VIIe siècle, la dynastie Tang restaura l’autorité impériale qui avait disparu après la chute des Han, et l’influence chinoise pénétra de nouveau au Xinjiang.

Les Ouïgours, l’Islam et les Mongols

Malgré la rareté des sources, on sait que la domination de la dynastie Tang ne fut jamais totale. Les ouïgours conservèrent une certaine indépendance pendant tout le VIlle siècle et la rébellion d’An Lushan (755­-763) contribua à saper un peu plus l’autorité impériale.

L’islam s’implanta dans le Xinjiang occidental sous le règne des Qarakhanides, aux XIe et Xlle siècles, mais ne pénétra dans la partie orientale qu’au XIVe siècle.

En 1219, les Mongols prirent Yili , Hotan et Kashgar ; ce fut la seule période pendant laquelle les routes de la Soie furent contrôlées par une seule puissance. Tamerlan, arrivant de l’Ouest, mis de nouveau Kashgar à sac à la fin du XIVe siècle. La contrée resta sous le contrôle des Timurides ou de diverses tribus mongoles jusqu’à ce que l’armée mandchoue entre à Kashgar en 1755.

La lutte pour le contrôle de la région

Dans les années 1860 et 1870, plusieurs soulèvements musulmans agitèrent l’ouest de la Chine. Le retrait des troupes russes en 1881, après 10 ans d’occupation de la région de Yili, provoqua la fuite de milliers de Ouïgours, de Chinois musulmans et de Kazakhs vers le Kazakhstan et le Kirghizistan.

En 1865, un officier de Kokand appelé Yaqub Beg s’empara de la Kashgarie, la proclama Turkestan indépendant et noua des relations diplomatiques avec la Grande-Bretagne et la Russie. Quelques années plus tard, l’armée mandchoue revint, Yaqub Beg se suicida et la Kashgarie fut officiellement intégrée à la nouvelle province chinoise du Xinjiang. Après la chute de la dynastie Qing en 1911, le Xinjiang fut dirigé par une succession de seigneurs de guerre, sur lesquels le Guomindang (Parti nationaliste) n’avait guère d’emprise.

La seule véritable tentative de créer un État indépendant eut lieu dans les années 1940, lorsqu’un Kazakh du nom d’Osman, à la tête d’une révolte de Ouïgours, de Kazakhs et de Mongols, prit le contrôle du sud-ouest du Xinjiang et instaura la République du Turkestan oriental en janvier 1945. Le Guomindang parvint toutefois à le convaincre d’abolir la nouvelle république en échange d’une réelle autonomie.

Depuis 1949, le gouvernement de Pékin s’emploie à réfréner les velléités indépendantistes en poussant les colons han à s’installer dans la région. Les Ouïgours, qui formaient jadis 90% de la population du Xinjiang, en représentent aujourd’hui moins de 50%. La campagne du « développement de l’Ouest » lancée par les autorités chinoises en 2000 se poursuit et Pékin a débloqué près de 100 milliards de dollars pour construire des infrastructures, surtout pour l’exploitation des vastes gisements de pétrole et de gaz.

Le Séparatisme Ouïgour et la répression chinoise

Les Ouïgours ont toujours considéré les Chinois Han comme des envahisseurs, et les relations n’ont jamais été bonnes entre les deux peuples. Cependant, la tension s’est considérablement accrue au début des années 1950, quand la Chine communiste a commencé à étoffer la population du Xinjiang grâce à des colons han.

Bien que le gouvernement central ait beaucoup investi dans le développement économique et les infrastructures du Xinjiang, les Ouïgours affirment que les bons emplois et les commerces avantageux sont presque exclusivement réservés aux han. On constate facilement que les deux communautés se côtoient sans se mélanger, hormis quelques exceptions à Urumqi, la capitale.

Longtemps contenu, le ressentiment des Ouïgours a provoqué plusieurs affrontements au début des années 1990. La tension a atteint son paroxysme en février 1997, quand des séparatistes musulmans ont violemment protesté dans la ville septentrionale de Yining, entraînant une répression tout aussi violente de la police chinoise. Ces émeutes, les plus fortes à ce jour selon la presse chinoise, firent au moins 9 morts et près de 200 blessés.

Des centaines de musulmans, impliqués dans les troubles, furent arrêtés. Trois furent exécutés le jour de leur procès et les autres, condamnés à la prison à perpétuité. En réponse à ces arrestations, les séparatistes firent sauter 3 bus à Urumqi, tuant 9 passagers et faisant de nombreux blessés.

En avril de la même année 1997, la violence éclata de nouveau à Yining lorsque la foule attaqua les fourgons cellulaires qui transportaient certains des émeutiers de février. Une fois encore, plusieurs personnes furent tuées ou blessées.

En 2001, la police secrète chinoise effectua des descentes dans plusieurs mosquées clandestines ouïgoures de Korla. Un chef éminent et quelques autres dirigeants furent jugés et exécutés.

Depuis, le gouvernement central a profité du climat de psychose engendré par les attentats du 11-Septembre pour réprimer plus durement encore le nationalisme ouïgour, emprisonnant ou exécutant des milliers de « terroristes islamistes » supposés, avec l’accord tacite de Washington et le silence assourdissant du reste du monde.

Pékin contrôle encore plus étroitement les informations sur ses relations avec les Ouïgours, sans doute dans l’espoir chimérique de transformer le Xinjiang en haut lieu touristique et, surtout, d’en faire un acteur majeur de la production pétrolière à l’échelon mondial.

Aujourd’hui

Aux confins nord-ouest de la Chine, le Xinjiang a été au fil des siècles convoité par les puissances rivales de la région. D’un caractère farouchement indépendant, ses habitants n’ont jamais bénéficié d’une autonomie complète. Après une longue histoire tumultueuse avec l’Empire du Milieu, la province « appartient » désormais à la République populaire de Chine, qui exerce sa souveraineté de manière drastique.

Tel un autre pays à l’intérieur des frontières chinoises, le Xinjiang n’a rien en commun avec la Chine. La langue, totalement différente, appartient à la famille des langues turques. Ses habitants ressemblent à s’y méprendre à leurs voisins d’Asie centrale et, comme eux, privilégient une cuisine à base de mouton.

Pourquoi la Chine s’intéresse-t-elle à ce territoire désolé, à des milliers de kilomètres de la capitale ? Frontalier de huit nations et regroupant une cinquantaine de minorités ethniques, le Xinjiang occupe une position stratégique cruciale. Sur l’ancienne route de la Soie, il en conserve de nombreux vestiges et couvre un sixième de la superficie du pays, alternant désert impitoyable, prairies de taïga et montagnes vertigineuses. Enfin et surtout, son sous-sol renferme 30% des réserves pétrolières chinoises !

Souvent ignoré des visiteurs qui affluent en Chine, le Xinjiang change néanmoins rapidement grâce aux efforts du gouvernement central pour moderniser les infrastructures et promouvoir le tourisme. Pékin œuvre indéniablement à la renaissance des caravanes sur la route de la Soie, cette fois composées de voyageurs.

Climat

Le Xinjiang connaît un climat extrême, à l’image de sa géographie. Turpan est le point le plus chaud du pays avec des température avoisinant les 50°C de juin à août, les bassins du Tarim et du Jungar sont également torrides en été. Le printemps d’avril à mai se traduit par de fréquentes tempêtes et nuages de sable qui obscurcissent le paysage et compliquent les déplacements. En revanche, il ne pleut pratiquement jamais, hormis dans les montagnes et tout au nord. En hiver de décembre à février, le mercure plonge en dessous de zéro dans toute la province.

Fin mai à juin et septembre à mi-novembre sont les périodes les plus plaisantes pour visiter la région du Xinjiang.

Comment s’y rendre ?

La majorité des villes chinoises proposent des vols vers la capitale Urumqi.

Urumqi peut être rejoint via des vols internationaux depuis Almaty au Kazakhstan, Bichkek et Osh au Kirghizistan, Islamabad au Pakistan, Moscou et Novossibirsk en Russie, Bakou au Azerbaïdjan et Tachkent en Ouzbékistan. Des vols saisonnier peuvent également provenir de Séoul en Corée du Sud.

Du fait de sa géolocalisation, il existe plusieurs postes-frontières qui permettent de rejoindre la région par voie terrestre : le Pakistan (col de Khunjerab), le Kirghizistan ( cols d’Irkeshtam et de Torugart) et le Kazakhstan (Korgas, Alashankou, Tacheng et Jimunai). À l’exception d’Alashankou, desservi par le rail entre le Kazakhstan et la Chine, ces frontières se franchissent en bus.

Sachez que les frontières ferment au gré des aléas politiques et beaucoup n’ouvrent que si le temps le permet. Avant de partir, il est préférable de bien se renseigner sur ces postes-frontières.

Depuis la Chine, il existe un train qui traverse le Gansu jusqu’au Xinjiang. Le voyage peut être long mais les paysages traversés vous feront aisément patienter.

La route de la Soie depuis le Qinghai peut aussi être un itinéraire intéressant en bus bien que plus chaotique que par le train.

Comment se déplacer dans le Xinjiang ?

Une fois arrivé dans le Xinjiang, le moyen le plus pratique pour se déplacer sera le bus. Depuis la gare routière de Urumqi, de nombreux bus partent quotidiennement vers les autres grandes villes ou sites touristiques de la région.

Le train dessert quelques grandes villes mais n’est pas la solution la plus pratique.

Pour ceux qui manquent de temps et souhaite éviter les longs trajets de bus, il existe des vols intérieure, mais sachez qu’ils peuvent être annulés à cause du temps ou des tempêtes de sable fréquentes.

Langue

Le ouïgour du Xinjiang fait partie des langues turques et ressemble aux autres langues d’Asie centrale.

Vous remarquerez des panneaux bilingues en chinois et en arabes. De nombreux ouïgour ne parlent pas ou ne veulent pas parler le mandarin. Près 70% des écoles du Xinjiang enseigne uniquement en ouïgour.

Que faire dans le Xinjiang ?

  • Respirer l’air pur au lac Sayram entouré de montagnes et de prairies verdoyantes et apprécier la vie sauvage qui s’y développe avec les chevaux, les canards et le cygnes.
  • Admirer le spectacle des « Montagnes flamboyantes » de Turpan où la température peut atteindre les 50°C
  • Parcourir une portion de la route de la Soie et profiter de ses paysages naturels fascinants.
  • Observer les paysages changeant de la Baie au cinq couleur en plein cœur du Xinjiang.
  • Dormir dans une yourte Kazakh au lac Tian Chi.

Les villes du Xinjiang