Shanghai

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Culture & patrimoineArchitectureHistoireBateau7 min de lecture

Du Bund à Pudong, de la concession française aux villages d'eau : tout ce qu'il faut savoir pour visiter Shanghai, le Paris de l'Orient en pleine mutation.

Shanghai (上海) ne ressemble à aucune autre ville chinoise. Sur la rive ouest du Huangpu, les façades néoclassiques du Bund alignent leur prestance coloniale ; sur la rive est, les gratte-ciels de Pudong dessinent une skyline futuriste. Entre les deux, vingt-quatre millions d'habitants, des concessions étrangères transformées en quartiers branchés, des fumeries d'opium devenues musées et un dialecte wu qui résiste au mandarin. Première escale ou bouquet final d'un voyage en Chine, Shanghai concentre un siècle et demi d'histoire bouillonnante dans un mouchoir de poche urbain.

Shanghai en bref

  • Nom chinois : 上海 (Shànghǎi)
  • Statut : municipalité autonome
  • Population : environ 24,8 millions d'habitants
  • Superficie : 6 340 km²
  • Surnom : le Paris de l'Orient
  • Meilleures saisons : printemps (avril à mi-mai) et automne (fin septembre à mi-novembre)
  • Durée idéale de séjour : 3 à 4 jours, souvent en ouverture ou clôture d'un circuit en Chine
  • Incontournables : le Bund, la concession française, le jardin Yuyuan, Pudong, le musée de Shanghai

Histoire : de la bourgade de pêcheurs à la place financière mondiale

Comme on peut le remarquer en se promenant le long du Bund ou dans les rues de l'ancienne concession française, Shanghai sort tout droit des mains occidentales. À l'embouchure du Yangzi, elle occupait un emplacement idéal pour un port de commerce. Lorsque les Britanniques ouvrirent leur concession en 1842 après la première guerre de l'Opium, ce n'était qu'une bourgade de pêcheurs et de tisserands. La présence anglaise bouleversa l'ordre des choses.

Les Français s'installèrent en 1847, une concession internationale fut établie en 1863, puis les Japonais arrivèrent en 1895. La ville fut morcelée en concessions autonomes, non soumises à la loi chinoise. En 1853, Shanghai surpassait tous les ports chinois. Dans les années 1930, la ville comptait 60 000 résidents étrangers et était le plus grand port international d'Asie.

Prospérant grâce au commerce de l'opium, de la soie et du thé, elle attira les grandes firmes financières internationales, qui firent construire de somptueux palais. L'une des plus célèbres, Jardine Matheson & Company, acquit en 1848 la première parcelle proposée aux étrangers et compta rapidement parmi les grandes sociétés d'affaires.

Shanghai devint également synonyme d'exploitation et de vice : ses innombrables fumeries d'opium, salles de jeux clandestines et maisons closes contrôlées par des gangs formaient le centre de la vie locale. Des militaires américains, français, italiens, britanniques et japonais surveillaient le territoire.

Après le coup porté aux communistes par Tchang Kaï-chek en 1927, le Guomindang coopéra avec la police étrangère, les gangs et les industriels chinois et étrangers afin d'éradiquer toute agitation ouvrière. Exploités, réduits à la famine et à la misère, vendus comme esclaves, exclus de la vie dorée des parcs créés par les étrangers, les pauvres de Shanghai constituaient un terreau fertile pour l'idéal révolutionnaire. Le Parti communiste chinois vit le jour ici en 1921 et, après de nombreux échecs, « libéra » la ville en 1949.

Les communistes détruisirent les taudis, désintoxiquèrent des centaines de milliers d'opiomanes et supprimèrent le travail des enfants et l'esclavage. Plus tard, durant la Révolution culturelle, Shanghai fut la base politique de la Bande des Quatre.

La longue période de malaise s'acheva brutalement en 1990, avec l'annonce des projets de développement de Pudong, sur la rive est du Huangpu. Depuis, Shanghai s'efforce de devenir une place financière de premier plan et de consolider son économie émergente. Les gratte-ciels modernes de Lujiazui semblent défier les édifices austères du Bund, témoins d'un autre temps de l'autre côté du fleuve.

Une économie en plein essor, des dirigeants influents et un optimisme inébranlable ont permis à Shanghai de surpasser les autres villes chinoises. Rien ne plairait plus au pouvoir central que de la voir détrôner Hong Kong, l'ancienne colonie, et devenir la ville pionnière du pays.

Shanghai reste entravée par un passé dont elle se méfie tout en le revendiquant, et nul ne peut prédire à quoi la ville ressemblera dans vingt ans. Pourtant, comme le dit l'expression chinoise, « jiude buqu, xinde bului » (si l'ancien ne part pas, le nouveau ne viendra pas).

Shanghai aujourd'hui : le Paris de l'Orient

Surnommée le « Paris de l'Orient », Shanghai mêle l'influence européenne aux traces encore vives de la révolution communiste. La ville dégage une atmosphère sulfureuse et vitale, héritée d'une époque où aventuriers, joueurs, trafiquants, gangsters et hommes d'affaires s'y croisaient pour assouvir leur soif de liberté.

Relativement récente, la ville compense sa jeunesse par un panache neuf et une assurance sans faille. À l'instar de Hong Kong, Shanghai se découvre en introduction ou en épilogue d'un voyage en Chine.

Si elle ne peut rivaliser avec le patrimoine historique de Pékin ou de Xi'an, elle témoigne plus que toute autre ville d'un passé fortement marqué par l'Occident. Le Bund, la concession française et le musée de Shanghai s'imposent comme des étapes incontournables. Les néons de Lujiazui, de l'autre côté du Huangpu, méritent eux aussi le coup d'œil, même si l'urbanisme vertical de Pudong vous laisse de marbre.

Que visiter à Shanghai ?

Trois jours suffisent pour saisir l'âme contrastée de la ville, à condition de quadriller les bons quartiers. Voici comment organiser vos découvertes.

Le Bund et la concession française : l'héritage colonial

Le Bund reste le symbole de Shanghai. Cette promenade de 1,5 km le long du Huangpu aligne 52 bâtiments d'époque, du néoclassique à l'Art déco, anciens sièges des grandes banques et compagnies de négoce. Le contraste avec les gratte-ciels de Pudong en face est saisissant, surtout à la tombée du jour quand les façades s'illuminent.

À quelques rues de là, l'ancienne concession française dévoile ses platanes, ses villas Art déco et ses ruelles arborées. Le quartier de Xintiandi a transformé ses shikumen (maisons traditionnelles à porte de pierre) en cafés, galeries et boutiques. Plus authentique, Tianzifang offre un dédale de ruelles préservées où l'on déniche artisans et adresses indépendantes.

La vieille ville et le jardin Yuyuan

Au sud-est, la vieille ville chinoise contraste avec les concessions. Le jardin Yuyuan, créé sous la dynastie Ming au XVIᵉ siècle, déploie pavillons, rocailles et bassins sur deux hectares. Le bazar attenant grouille de petites échoppes et de restaurants à xiaolongbao, ces raviolis vapeur emblématiques de la ville. Le temple du Bouddha de jade, plus au nord, abrite deux statues rapportées de Birmanie en 1882, taillées dans du jade blanc translucide.

Pudong et la Shanghai verticale

De l'autre côté du Huangpu, Pudong incarne la Chine du XXIᵉ siècle. La tour Jin Mao, la Shanghai World Financial Center et la Shanghai Tower se disputent le ciel. Montez dans l'une d'elles pour saisir l'ampleur de la ville. Au pied des tours, le quartier de Lujiazui mérite une balade nocturne, néons à l'appui.

Musée de Shanghai et Nanjing Road

Sur la place du Peuple, le musée de Shanghai retrace plus de 4 000 ans d'art chinois : bronzes, céramiques, calligraphies, costumes des minorités. Comptez une demi-journée. À deux pas, Nanjing Road, l'artère commerçante historique, relie le musée au Bund sur 5,5 km. Sa partie est, piétonne, est l'une des rues les plus fréquentées de Chine.

Escapades aux villages d'eau

À une à deux heures de Shanghai, les villages d'eau du Jiangsu et du Zhejiang offrent un saut dans la Chine des canaux. Nanxun, Zhujiajiao ou Tongli alignent ponts en pierre, maisons sur l'eau et barques traditionnelles. Une journée suffit pour s'évader du tumulte urbain.

Quand partir à Shanghai ?

Le climat shanghaïen est subtropical humide, marqué par quatre saisons franches. Choisir la bonne période change radicalement l'expérience.

Printemps (avril à mi-mai) — recommandé

Températures douces (15-22 °C), floraison des magnolias, ciel souvent dégagé. La meilleure période pour arpenter les quartiers à pied. Prévoyez un parapluie, les averses restent fréquentes.

Été (juin à mi-septembre) — déconseillé

Chaleur lourde et humidité étouffante, jusqu'à 40 °C en juillet et août. Saison des typhons et des orages tropicaux. Les journées caniculaires qui surviennent à l'improviste à la fin de l'été sont affectueusement surnommées le Tigre automnal.

Automne (fin septembre à mi-novembre) — idéal

La saison la plus stable : 18-25 °C, faible humidité, ciel dégagé. Parfaite pour les croisières sur le Huangpu et les escapades aux villages d'eau.

Hiver (décembre à mars) — calme

Froid humide, températures entre 0 et 8 °C, ciel souvent gris. Peu de touristes, tarifs avantageux. Le Nouvel An chinois (janvier-février selon les années) anime la ville mais ferme de nombreux commerces.

Comment se rendre à Shanghai ?

Shanghai est très bien desservie : liaisons aériennes et ferroviaires avec toutes les grandes villes chinoises, bateaux remontant le Yangzi, bus depuis les provinces voisines.

Avion

Deux aéroports internationaux. Pudong (PVG) concentre la majorité des vols long-courriers depuis l'Europe (vols directs depuis Paris en 11 h via Air France ou China Eastern). Hongqiao (SHA) dessert surtout les liaisons domestiques. Pudong est relié au centre par le Maglev (430 km/h, 8 minutes jusqu'à Longyang Road) ou par la ligne 2 du métro.

Train

Shanghai est au carrefour des lignes à grande vitesse : Pékin (4 h 30), Hangzhou (1 h), Suzhou (25 min), Nankin (1 h 15), Xi'an (6 h). La gare de Shanghai Hongqiao concentre la plupart des départs. Les billets s'achètent au guichet, en gare, ou via votre hôtel et votre agence locale. Vous aurez le choix entre différents types de sièges : siège dur ou mou, couchette dure ou molle.

Bateau

Le bateau reste un moyen de rejoindre Shanghai depuis certaines escales du Yangzi. Des ferries assurent les liaisons côtières, de jour comme de nuit, avec un confort variable.

Bus

Plusieurs gares routières longue distance desservent les provinces voisines. Confort correct, mais le trajet peut s'avérer très long depuis les grandes villes éloignées. À privilégier uniquement si le train n'est pas une option.

Se déplacer dans Shanghai

Métro

Le métro shanghaïen est l'un des plus étendus au monde : 20 lignes, signalétique bilingue chinois-anglais, fréquence élevée. C'est de loin le moyen le plus efficace pour traverser la ville. Une carte rechargeable (Jiaotong Card) facilite tous les trajets.

Taxi et VTC

Les taxis sont nombreux et abordables, mais peu de chauffeurs parlent anglais. Faites toujours écrire votre destination en caractères chinois. Aux heures de pointe (8 h-9 h et 16 h 30-18 h), les embouteillages sont massifs. L'application Didi (équivalent chinois d'Uber) fonctionne très bien si vous disposez d'un numéro chinois ou d'un compte international compatible.

À pied et à vélo

La concession française et les abords du Bund se parcourent agréablement à pied. Le reste de la ville, avec ses larges avenues et sa circulation dense, se prête moins à la marche. Les vélos en libre-service (Hellobike, Meituan) sont une bonne alternative pour les courtes distances.

Où dormir à Shanghai ?

Le choix du quartier conditionne fortement l'expérience. Trois zones se distinguent.

  • Le Bund et Nanjing Road : idéal pour une première fois. Vous êtes à pied des principaux sites, mais les hôtels de standing y sont les plus chers.
  • L'ancienne concession française (Xintiandi, Tianzifang) : ambiance arborée, cafés, galeries, vie nocturne discrète. Excellent compromis charme/emplacement.
  • Pudong : tours d'affaires et hôtels avec vue sur la skyline. Pratique en transit aéroport, plus impersonnel pour un séjour culturel.

Côté budget, comptez 15 à 30 € en guesthouse ou auberge de jeunesse (souvent dans les shikumen rénovés de la concession française), 60 à 120 € pour un boutique-hôtel de caractère, et 150 € et plus pour un hôtel haut de gamme avec vue sur le Bund ou Pudong. Les heritage hotels du Bund (Fairmont Peace Hotel, Waldorf Astoria) offrent une immersion historique unique, dans des bâtiments des années 1920-1930.

Shanghai, pour qui ?

  • Voyageurs urbains : architecture, design, gastronomie, vie nocturne — Shanghai coche toutes les cases.
  • Amateurs d'histoire : un siècle et demi de concessions, de révolutions et de mutations à lire au fil des rues.
  • Premier voyage en Chine : Shanghai offre une transition douce, plus internationale que Pékin, idéale en ouverture ou clôture de circuit.
  • Familles : musée de Shanghai, croisière sur le Huangpu, tour Jin Mao, escapade à Disneyland Shanghai — la ville se prête bien aux séjours en famille.
  • Voyageurs de retour en Chine : ceux qui ont déjà fait le circuit classique Pékin-Xi'an-Guilin trouveront ici une autre Chine, urbaine et contemporaine.

Conseils insider de notre expert local

  • Levez-vous tôt pour le Bund : à 7 h, les habitants y pratiquent le tai-chi et la lumière sur Pudong est exceptionnelle. Foule minimale.
  • Goûtez les xiaolongbao au bon endroit : Jia Jia Tang Bao (Huanghe Road) ou Din Tai Fung pour une version premium. Évitez les enseignes du bazar Yuyuan, surévaluées.
  • Préparez votre VPN avant l'arrivée : Google, WhatsApp, Instagram et la plupart des médias occidentaux sont bloqués en Chine. Installez votre VPN avant de décoller.
  • Cash quasi inutile : Shanghai fonctionne au paiement mobile (Alipay, WeChat Pay). Liez votre carte bancaire à Alipay Tour Pass pour régler partout, y compris dans les petites échoppes.
  • Évitez les « étudiants en art » près du Bund qui proposent une visite guidée gratuite : c'est une arnaque classique pour vous emmener acheter du thé ou des œuvres surfacturées.
  • Shanghai en 3 jours : jour 1, Bund + concession française + Xintiandi. Jour 2, jardin Yuyuan + temple du Bouddha de jade + musée de Shanghai. Jour 3, Pudong + escapade à Zhujiajiao ou Suzhou.

Langues et culture locale

Fort de 13 millions de locuteurs, le shanghaïen appartient au dialecte wu, du nom de l'ancien royaume éponyme dans l'actuelle province du Jiangsu. S'il sonne bizarrement aux oreilles de ceux qui parlent le mandarin ou le cantonais, c'est sans doute parce qu'il s'agit d'une branche plus archaïque de la langue chinoise. Son système tonal diffère considérablement, montrant des similitudes avec certaines langues africaines. Il présente aussi des sonorités japonaises marquées. Du fait de la prédominance du mandarin et de l'absence de standardisation du shanghaïen, ce dernier évolue constamment et n'est plus le même que celui parlé il y a des générations.

Dans la pratique, le mandarin reste la langue de communication courante. L'anglais est compris dans les hôtels, les sites touristiques majeurs et certains restaurants ; ailleurs, une application de traduction est indispensable.

Construire votre voyage à Shanghai avec notre agence locale

Shanghai mérite mieux qu'une escale expédiée en deux jours. Notre expert local de l'agence conçoit votre itinéraire à la carte : combinaison classique avec Pékin et Xi'an, immersion dans les villages d'eau du Jiangsu, ou exploration plus longue jusqu'au Yunnan et au Tibet. Quelques pistes parmi nos circuits :

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Questions fréquentes sur Shanghai

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Questions fréquentes

Trois jours pleins suffisent pour les essentiels : Bund, concession française, jardin Yuyuan, musée de Shanghai et Pudong. Quatre jours permettent d'ajouter une escapade à Suzhou, Zhujiajiao ou Hangzhou.

L'automne (fin septembre à mi-novembre) est la saison idéale : températures douces, faible humidité, ciel dégagé. Le printemps (avril à mi-mai) constitue la deuxième meilleure fenêtre.

Depuis 2024, les ressortissants français bénéficient d'une exemption de visa pour les séjours touristiques de moins de 30 jours. Vérifiez les conditions auprès de l'ambassade avant le départ, les règles évoluent rapidement.

Pékin pour le patrimoine impérial (Cité interdite, Grande Muraille, temple du Ciel). Shanghai pour la Chine moderne et l'héritage colonial. Idéalement, combinez les deux : la plupart de nos circuits intègrent ces deux villes complémentaires.

Comptez 60 à 100 € par jour et par personne en voyage indépendant (hébergement milieu de gamme, repas, transports, entrées). Shanghai est l'une des villes les plus chères de Chine, mais les transports publics et la street food restent abordables.

Théoriquement oui, mais en pratique tout fonctionne par paiement mobile (Alipay, WeChat Pay). Liez votre carte internationale à Alipay Tour Pass avant le départ pour éviter les blocages aux caisses.

À découvrir aussi en Chine

Shanghai s'inscrit naturellement dans un circuit plus large. Pékin pour l'héritage impérial, Xi'an pour l'armée de terre cuite, Guilin pour les paysages karstiques, le Yunnan pour les minorités ethniques, le Tibet pour l'altitude et les monastères. Notre agence locale compose chaque itinéraire selon vos centres d'intérêt et la durée disponible.

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