Lhassa

Lhassa

Lhassa

·

Capitale historique du Tibet à 3 656 m d'altitude, Lhassa abrite le Palais du Potala, le temple du Jokhang et les grands monastères Gelugpa. Guide pratique pour préparer votre voyage.

Nom : Lhassa
Nom chinois : 拉萨 (ལྷ་ས་)
Province : Région Autonome du Tibet
Statut : Ville préfecture
Population : 559 423 hab.
Superficie : 31 662 km²

Lhassa, capitale historique du Tibet, se dresse à 3 700 mètres d'altitude entre les sommets himalayens. Cette ville sainte du bouddhisme tibétain conserve, malgré une modernisation accélérée, ses temples millénaires, ses pèlerins en circumambulation et l'imposante silhouette du Palais du Potala. Pour le voyageur, c'est une porte d'entrée vers le toit du monde.

Lhassa en bref

Altitude3 656 m
Meilleure périodeAvril à octobre (printemps et début d'automne)
Durée recommandée3 à 5 jours sur place (acclimatation incluse)
Permis requisOui — Tibet Travel Permit obligatoire pour les étrangers
Accès principalAvion (aéroport Gonggar) ou train Qinghai-Tibet
ClimatMontagnard sec, 3 000 h de soleil/an
IncontournablesPotala, Jokhang, Barkhor, monastères Drepung et Sera

Histoire

Lhassa serait devenue la capitale tibétaine sous le règne du second empereur tibétain Songtsen Gampo (609/613 – 650). Cet empereur fit construire les temples du Jokhang et de Ramoché ainsi que le premier édifice du Palais du Potala. La ville prit alors une dimension religieuse majeure et attira des pèlerins de toute la région.

Le 5ème Dalaï-lama (1617-1682) déplaça le centre administratif du Tibet à Lhassa. Il fit agrandir le Palais du Potala pour en faire le siège du pouvoir religieux et politique. La ville prospéra : grandes résidences, hôtels et boutiques s'ouvrirent, notamment dans le quartier de Barkhor.

Lhassa a longtemps souffert de la pauvreté. Sans eau, électricité ni égouts, les rues étaient sales et envahies par les mendiants. Seul le Barkhor restait présentable.

En 1959, la rébellion tibétaine éclata contre l'armée chinoise. Près de 30 000 Tibétains se tinrent devant le palais de Norbulingka pour empêcher l'enlèvement du Dalaï-Lama. Entre 1987 et 1989, de fortes manifestations virent des moines descendre dans la rue pour défendre un Tibet libre. Ces rébellions débouchèrent sur la loi martiale de 1989 à 1990.

En 2008, de nouvelles manifestations éclatèrent : les moines réclamaient la libération de leurs confrères emprisonnés en 2007. De nombreux moines tibétains se sont immolés pour la liberté du Tibet. Depuis, Lhassa connaît une importante migration han chinoise et voit son tissu urbain se transformer rapidement.

Lhassa aujourd'hui

Capitale de la région autonome du Tibet et centre du bouddhisme tibétain, Lhassa est une ville de pèlerinage où l'ancien et le neuf cohabitent dans un contraste saisissant.

La ville se divise en deux sections distinctes. À l'ouest s'étend la partie chinoise, urbaine et moderne, avec ses grands immeubles, ses bars et ses restaurants. À l'est subsiste la vieille ville tibétaine, articulée autour du quartier Barkhor qui entoure le temple du Jokhang. Centre spirituel du Tibet, le Jokhang accueille chaque jour des centaines de pèlerins prosternés sur les dalles polies par les siècles.

Le Palais du Potala, qui surplombe la ville depuis sa colline, reste le symbole absolu de Lhassa. Sa visite, très contrôlée et limitée dans le temps, vaut le détour pour ses chapelles, ses tombeaux des Dalaï-lamas et la vue depuis le toit. Au pied de la colline, les ruelles du Barkhor révèlent les marchands tibétains, les pèlerins en circumambulation et les odeurs d'encens et de beurre de yak.

Lhassa est aussi un point de départ : monastères Gelugpa des environs, lacs sacrés, vallées himalayennes et expéditions vers le Kailash ou l'Everest partent tous d'ici.

Que voir et que faire à Lhassa

Les sites incontournables

  • Faire face à l'imposante structure du Palais du Potala, ancienne résidence d'hiver des Dalaï-lamas.
  • Observer les pèlerins se prosterner devant le temple du Jokhang, cœur spirituel du Tibet.
  • Se laisser porter par l'ambiance du Barkhor, à la fois marché, lieu de pèlerinage et quartier traditionnel.
  • Flâner dans le parc du Norbulingka, l'ancienne résidence d'été du Dalaï-lama.

Les grands monastères Gelugpa

À l'écart de la ville, les trois grands monastères de l'école Gelugpa méritent chacun une demi-journée :

  • Le monastère de Drepung, autrefois le plus grand monastère du monde.
  • Le monastère de Sera, célèbre pour ses débats philosophiques entre moines en fin d'après-midi.
  • Le monastère de Gandan, perché sur une crête à 4 300 m, avec des panoramas sur la vallée du Kyichu.

Pour aller plus loin, retrouvez l'ensemble des attractions à Lhassa.

Excursions depuis Lhassa

Lhassa sert de base pour explorer le Tibet central. Les excursions classiques incluent le lac Yamdrok (un des trois lacs sacrés), le glacier Karola, Shigatsé et son monastère de Tashilhunpo, ainsi que les expéditions plus longues vers le camp de base de l'Everest ou le mont Kailash.

Quand partir à Lhassa ?

Lhassa jouit d'un climat montagnard sec influencé par la mousson. Les températures moyennes oscillent entre -2°C au mois le plus froid et 15°C au mois le plus chaud. La ville profite d'environ 3 000 heures de soleil par an, ce qui en fait l'une des capitales les plus ensoleillées d'Asie.

SaisonPériodeConditions
PrintempsAvril – maiIdéal : ciel clair, températures douces, peu de pluie
ÉtéJuin – aoûtMousson en juillet-août, paysages verts mais averses
AutomneSeptembre – octobreExcellent : air sec, lumière limpide, fréquentation modérée
HiverNovembre – marsSec et lumineux, mais nuits glaciales et certains cols fermés

Le printemps et le début d'automne sont les périodes les plus favorables. Évitez la première semaine d'octobre (Golden Week chinoise) si vous fuyez les foules. La région autonome du Tibet est par ailleurs fermée aux étrangers chaque année autour de mars (anniversaire du soulèvement de 1959), à confirmer auprès de votre agence.

Comment se rendre à Lhassa ?

En avion

L'avion est l'option la plus rapide. Lhassa dispose de quatre aéroports : l'aéroport Gonggar (le principal, à environ 60 km du centre), l'aéroport Bangda de Chamdo, l'aéroport Milin à Nyingchi et l'aéroport Gunda à Ngari. Des vols quotidiens relient la capitale tibétaine à Chengdu, Pékin, Xian, Chongqing et Xining. Quelques rotations existent depuis Canton et Lanzhou. À l'international, des vols saisonniers connectent Katmandou à Lhassa.

En train

Rejoindre Lhassa en train est une expérience à part entière. La ligne Qinghai-Tibet, ouverte en 2006, parcourt près de 2 000 km et culmine à 5 072 mètres au col du Tanggula. C'est le train le plus haut du monde. Les wagons sont pressurisés et équipés en oxygène, mais le mal d'altitude peut quand même se faire sentir. Les trajets depuis Xining durent environ 21 heures, depuis Pékin près de 40 heures, à travers des paysages de plateaux, de yaks et de lacs gelés.

En bus

Cinq routes mènent à Lhassa : depuis Chengdu (Sichuan), Xining (Qinghai), le Yunnan, le Xinjiang ou le Népal. Il faut être patient et bien préparé. Les bus disposent de couchettes, mais les routes restent éprouvantes, les trajets durent plusieurs jours et certains tronçons sont fermés aux étrangers sans permis spécifique. Cette option reste rare en pratique pour les voyageurs internationaux.

Se déplacer dans Lhassa

Le centre se parcourt facilement à pied, surtout autour du Barkhor. Pour les sites plus éloignés, taxis et minibus assurent les liaisons à des tarifs modestes. Les pedicabs (vélotaxis) restent un moyen traditionnel et bon marché de circuler en ville. La location de vélos est possible pour les voyageurs déjà acclimatés, mais l'altitude rend l'effort plus exigeant qu'il n'y paraît.

Où dormir à Lhassa ?

L'offre d'hébergement s'est densifiée ces dernières années, du dortoir tibétain au cinq étoiles international. Trois grandes typologies se dégagent.

Guesthouses tibétaines (15-30 €/nuit) — Concentrées autour du Barkhor et du Jokhang, ces maisons d'hôtes familiales offrent des chambres simples, des cours intérieures peintes et un contact direct avec des hôtes tibétains. Idéal pour les voyageurs en quête d'authenticité et pour ceux qui veulent rejoindre les sites majeurs à pied.

Boutique-hôtels et hôtels milieu de gamme (60-120 €/nuit) — Souvent installés dans des bâtiments traditionnels rénovés, ils combinent charme tibétain (fresques, mobilier en bois sculpté) et confort moderne (chauffage, eau chaude, oxygène en chambre). Bon compromis pour un séjour de plusieurs nuits en altitude.

Hôtels haut de gamme (150 €+/nuit) — Les grandes enseignes internationales et quelques lodges de standing proposent spas, restaurants gastronomiques et services d'oxygénothérapie. Pratique pour les voyageurs qui veulent récupérer après un trek ou avant une expédition vers le Kailash ou l'Everest.

Réservez à l'avance pendant les pics de fréquentation (mai-juin et septembre-octobre). Tous les hébergements doivent être enregistrés auprès des autorités, votre agence s'en occupe lors de la demande de permis.

Conseils insider

Le permis tibétain, indispensable

Tout voyageur étranger doit obtenir un Tibet Travel Permit pour entrer dans la région autonome, en plus du visa chinois. Ce permis ne se demande pas à titre individuel : il s'obtient uniquement via une agence agréée, qui doit également vous fournir un guide local et un transport privé pour toute la durée du séjour. Comptez 15 à 20 jours de délai et munissez-vous d'une copie de votre visa chinois et de votre itinéraire détaillé. La région ferme régulièrement aux étrangers (souvent en mars, parfois sans préavis), prévoyez de la souplesse.

Gérer le mal d'altitude

À 3 656 m, Lhassa exige une vraie acclimatation. Quelques règles utiles :

  • Réservez les deux premiers jours pour vous reposer (pas de visite intensive, pas d'alcool, pas de douche très chaude).
  • Hydratez-vous abondamment (3 litres d'eau par jour minimum).
  • Si vous arrivez en avion, l'altitude se ressent plus brutalement qu'en train.
  • Le Diamox (acétazolamide) se prescrit en France avant le départ et aide à prévenir les symptômes.
  • En cas de maux de tête persistants, nausées ou troubles du sommeil, signalez-le immédiatement à votre guide.

Étiquette dans les monastères

Les sites religieux de Lhassa restent des lieux de culte actifs. Quelques règles de respect :

  • Tournez toujours autour des stupas et des temples dans le sens des aiguilles d'une montre.
  • Ne photographiez pas l'intérieur des chapelles sans autorisation (souvent interdit ou payant).
  • Couvrez épaules et genoux, retirez chapeau et lunettes de soleil avant d'entrer.
  • Ne touchez pas la tête des moines, même des enfants.
  • Évitez les sujets politiques sensibles (Dalaï-lama, indépendance) en public ou avec votre guide.

Lhassa, c'est pour qui ?

  • Voyageur culturel — Vous cherchez un dépaysement spirituel intense, des temples millénaires et des rencontres avec une civilisation singulière. Lhassa est une évidence.
  • Aventurier en altitude — Vous envisagez l'Everest côté nord, le Kailash ou un trek sur le plateau tibétain. Lhassa est votre camp de base obligé.
  • Photographe — Lumière limpide, visages marqués, drapeaux de prière, monastères perchés : la matière visuelle est exceptionnelle.
  • Voyageur lent — L'arrivée par le train Qinghai-Tibet et un séjour de 5-7 jours sur place permettent de vraiment habiter le lieu, plutôt que de le survoler.

Lhassa convient moins aux voyageurs en totale autonomie (le permis et le guide sont imposés) et aux personnes souffrant de problèmes cardiaques ou respiratoires sévères, pour qui l'altitude reste un risque réel.

Questions fréquentes sur Lhassa

?

Questions fréquentes

Oui. En plus du visa chinois, tout étranger doit obtenir un Tibet Travel Permit, délivré uniquement via une agence agréée. Le voyage doit se faire avec un guide local et un transport organisé sur l'ensemble de la région autonome.
Comptez au minimum 3 jours pour les sites majeurs (Potala, Jokhang, Barkhor) en incluant l'acclimatation. 5 à 7 jours permettent d'ajouter les monastères Gelugpa et une excursion au lac Yamdrok ou à Shigatsé.
Oui, à 3 656 m, presque tout le monde ressent quelque chose : maux de tête, fatigue, sommeil perturbé. La plupart des symptômes disparaissent en 24-48 h avec du repos. Une consultation médicale avant le départ est recommandée, notamment pour discuter du Diamox.
D'avril à juin et de septembre à mi-octobre. Le ciel est clair, les températures sont douces et les routes vers les sites alentour restent ouvertes. La mousson de juillet-août reste praticable, mais avec plus d'averses.
Le train Qinghai-Tibet permet une acclimatation progressive et offre des paysages spectaculaires, mais reste long (21 h depuis Xining, 40 h depuis Pékin). L'avion est rapide mais l'altitude se ressent plus brutalement à l'arrivée. Beaucoup de voyageurs combinent les deux : avion à l'aller, train au retour.
Non, pas réellement. Les autorités imposent un guide local et un transport organisé sur toute la durée du séjour dans la région autonome. Vous pouvez en revanche personnaliser votre itinéraire avec une agence francophone.
Le yuan chinois (CNY). Les hôtels et grands restaurants acceptent la carte, mais les guesthouses, marchés et taxis fonctionnent au liquide ou via les applications de paiement chinoises. Prévoyez du cash, des distributeurs sont présents en centre-ville.

Voyager à Lhassa avec Nomadays

Plusieurs de nos circuits intègrent Lhassa comme étape ou comme point de départ :

Notre expert local de l'agence vous aide à intégrer Lhassa dans un voyage sur-mesure, en gérant pour vous le permis tibétain, le guide francophone et l'itinéraire complet. Découvrir l'agence.

Envie de découvrir cette destination ?

Nos conseillers locaux créent votre voyage sur mesure.