L'état du Bouddhisme en Chine

L'état du Bouddhisme en Chine

19 mars 2019

Courant de pensée mondialement répandu, le Bouddhisme est officiel dans plusieurs pays d'Asie. En Chine, il fait partie des «Trois Enseignements» et cohabite ainsi avec le Taoïsme et le Confucianisme, auxquels on pourrait ajouter la doctrine officielle du Parti...

Comprendre la situation du Bouddhisme en Chine n'est pas simple, et force est de constater qu'aucun autre pays ne ressemble à l'Empire du milieu sur ce point.

L'introduction du Bouddhisme en Chine

Officiellement importé au Ier siècle de notre ère, le Bouddhisme aurait pénétré la Chine par le biais de marchands et missionnaires venus des régions déjà touchées par l'enseignement du Bouddha (Bouddha-Dharma). Phénomène atypique dans l'histoire des religions, son expansion ne doit rien aux conquêtes militaires et à la force, et ne serait que le fruit d'une adoption volontaire par les populations indigènes.

Toléré et même bien accepté par les différents pouvoirs en place, le Bouddhisme se développe et dès le IIe siècle apparaissent les premiers temples et monastères bouddhiques. A partir du IVe siècle, l'expansion de ce courant de pensée s'accélère et on peut parler, au Ve et VIe siècles, d'apogée du Bouddhisme en Chine.

845 : la fin de l'état de grâce

L'institution est prospère car elle a le soutien des régimes en place, et reçoit ainsi des dons (notamment en terres) et paie moins de taxes. Sans essayer de perturber ou dominer les cultes autochtones, ce qui explique sûrement son succès, le Bouddhisme devient la religion la mieux organisée de tout l'Empire du milieu, donc la plus puissante.

Néanmoins, en 845, l'état de grâce s'arrête : encore perçu comme une religion étrangère, le Bouddhisme est proscrit par le pouvoir impérial. Les monastères et les terres sont confisqués, les statues détruites...

La proscription, bien que rapidement annulée, marque la fin de l'hégémonie du Bouddhisme, qui va dorénavant devoir officiellement coexister avec le Taoïsme et le Confucianisme à travers le dogme des «Trois Enseignements».

Un Bouddhisme typiquement chinois

Il est clair qu'aujourd'hui, la situation du Bouddhisme en Chine n'a rien de comparable avec ce qui se fait dans le reste de l'Asie. L'enseignement du Bouddha n'est pas une religion officielle de l'Etat, mais elle est acceptée pour encadrer la population (et ne pas la dominer, selon les termes officiels de Pékin).

Or, c'est aussi à son évolution historique que le Bouddhisme chinois doit ses spécificités. A l'image de ce qu'il se passe avant son introduction en Chine, l'enseignement du Bouddha fût divisé en plusieurs courants représentant chacun une interprétation particulière des sources primitives.

A partir du Mahayâna, celui des trois grands courants du Bouddhisme s'étant implanté en Chine, sont ainsi nés le Tientai, le Huayan, le Chan et le Ching-Tu (Terre Pure). Jusqu'à la fin de la dynastie des Tang (618 - 907 ), les traductions des textes originels du Bouddhisme sont en plein essor.

Une interprétation nouvelle du Bouddha-Dharma

Si certaines tentent d'être le plus fidèles possibles au sens initial, les apocryphes rencontrent un grand succès auprès de la population car ils répondent à des problématiques locales.

Les textes originaux sont réinterprétés à la lumière de la pensée locale, et c'est ainsi que naissent les grands courants typiquement chinois, ainsi que le Chan (l'équivalent du Zen au Japon, insistant sur le travail méditatif tandis que le Tientai et le Huayan ont des préoccupations plus philosophiques).

Une union Bouddhisme-Taoïsme-Confucianisme ?

Contrairement à nombre d'autres religions à travers le monde. Le Bouddhisme n'a pas conquis la Chine par la force mais a au contraire été accepté des autochtones. Au fil du temps, il s'est même adapté et intégré dans la société chinoise en incorporant dans sa pratique des traditions ancestrales chinoises et des idées venus des deux autres grands courants de pensée que sont le Taoïsme et le Confucianisme.

Ainsi, aujourd'hui, il semble plus opportun de considérer les «Trois Enseignements» chinois comme un ensemble plutôt que comme trois modes de pensée fondamentalement différents. Beaucoup de Chinois en effet, bien que connaissant et même acceptant les idées du Bouddhisme, ne se considèrent pas comme des pratiquants bouddhistes. Il en est de même pour l'enseignement de Lao Zi et celui de Confucius (Kong Zi).

À travers leur éducation et leur culture, l'idéal de beaucoup de chinois ayant vécu avant la Révolution culturelle est d'ailleurs un mélange des principes des «Trois Enseignements». Sur ce point, on peut donc considérer le Bouddhisme chinois comme une partie d'un syncrétisme entre les doctrines, qui serait «contrôlé» ou «surveillé» par le Parti communiste chinois.

Les chiffres officiels du Bouddhisme en Chine :

  • 13000 temples bouddhiques
  • près de 200000 bonzes et bonzesses

Le Lamaïsme, le Bouddhisme tibétain

Si le Mahayâna est à la source des différentes formes du Bouddhisme présente en Chine, le Lamaïsme est à bien des égards une variante à part.

Premièrement en raison de la particularité culturelle du Tibet, officiellement chinois mais dont la situation politique fait débat. Deuxièmement en raison de l'histoire de la pénétration du Bouddhisme sur le haut plateau tibétain.

Le Lamaïsme, répandu au Tibet mais aussi en Mongolie intérieure, prend sa source dans le troisième grand courant du Bouddhisme : le Vajrayâna. Si certains ne le perçoit que comme une variante de plus du Mahayâna, le Véhicule de Diamant en est clairement différent.

Prônant la possibilité d'atteindre l'Eveil en une seule existence, le Vajrayâna a également adopté des rituels magiques ainsi que des Dieux issus de la religion hindouiste.

7 millions de pratiquants répartis dans les ethnies tibétaine, mongole, Tu, ouïgour, Naxi, Pumi, et Moinba.

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