Kashgar

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Culture & patrimoineHistoireMarchés5 min de lecture

Carrefour millénaire de la Route de la Soie au pied du Tian Shan, Kashgar dévoile son bazar légendaire, sa vieille ville ouïghoure et la porte de la Karakoram Highway.

Nichée à l'extrême ouest de la Chine, à mi-chemin entre Pékin et Bagdad, Kashgar veille depuis deux mille ans sur l'un des plus grands carrefours caravaniers de la Route de la Soie. Cette oasis ouïghoure pose ses ruelles de terre crue et ses bazars vibrants au pied des montagnes du Tian Shan, là où les pistes nord et sud contournent le désert du Taklamakan. Vous y croiserez bouchers kazakhs, chapeliers tadjiks, marchands kirghizes et brodeuses ouïghoures dans une ambiance de bout du monde qui vaut le détour.

Kashgar en bref

  • Nom local : 喀什 (Kāshí)
  • Province : Xinjiang, République populaire de Chine
  • Statut : Préfecture
  • Population : environ 400 000 habitants
  • Superficie : 162 000 km²
  • Altitude : 1 290 mètres
  • Langues parlées : ouïghour, mandarin, dialectes turciques
  • Religion dominante : islam sunnite
  • À retenir : dernier grand bastion ouïghour, marché du dimanche légendaire, porte d'entrée vers la Karakoram Highway

Pourquoi visiter Kashgar

Kashgar n'est pas une étape touristique parmi d'autres : c'est une destination de caractère, encore en marge des grands circuits chinois. Voici ce qui la distingue.

Un carrefour millénaire de la Route de la Soie

La ville se trouve à l'intersection des pistes nord et sud contournant le désert Taklamakan, au pied des montagnes du Tian Shan. Depuis Kashgar, les caravanes filaient vers Islamabad au Pakistan, Torugart et Ikeshtam au Kirghizistan. Cette position de carrefour a façonné une culture métissée que vous percevrez dans les visages, les langues et les étals des bazars.

La vieille ville de Kashgar

Les ruelles de terre, les portes sculptées, les ateliers de cuivre et les enfants jouant dans la poussière dorée composent l'un des derniers paysages urbains ouïghours préservés. Une partie a été restaurée, mais l'âme caravanière demeure palpable au détour des cours intérieures et des thés au lait servis sur tabouret.

La culture ouïghoure vivante

Calotte brodée Doppa pour les hommes, voile traditionnel pour les femmes, musique au dotar, cuisine au four tandyr : la culture ouïghoure se vit ici au quotidien. Vous percevrez dans les négociations un mélange de dialecte ouïghour, de langue turcique, d'arabe et même de persan.

La porte de la Karakoram Highway

Kashgar est le point de départ d'une des plus belles routes du monde : la Karakoram Highway, qui grimpe vers le Pakistan en frôlant les sommets à 7 000 mètres. Le lac de Karakul, miroir glacé au pied du mont Muztagh Ata (7 546 m), se rejoint en une journée depuis la ville.

Un peu d'histoire

D'après les chroniques, la ville fut placée sous l'autorité du général Ban Chao au cours de la dynastie Han. Du IIᵉ siècle jusqu'à l'arrivée de l'islam au IXᵉ siècle, Kashgar et toute la région du Xinjiang furent dominées par le bouddhisme. L'islam repoussa ensuite peu à peu cette emprise avant de s'imposer durablement.

Sous la dynastie Tang, les Chinois reprirent la ville et y installèrent leurs garnisons, faisant de Kashgar un champ de bataille pour plusieurs guerres. À partir de l'année 635, le christianisme nestorien commença à entrer dans la région ; un diocèse datant du XIVᵉ siècle subsiste d'ailleurs en mémoire.

Au XIIIᵉ siècle, Gengis Khan et ses descendants prirent le contrôle de la région et déclenchèrent de nombreux conflits avec l'islam. L'Empire chinois finit par diriger Kashgar à partir du XVIIIᵉ siècle. Profitant des guerres religieuses qui se succédaient, la Russie conquit à son tour la région au XIXᵉ siècle, avant que les forces armées chinoises du général Tso Tsung T'ang ne reconquièrent la ville en se battant contre l'armée russe de Yakoub Beg.

Aujourd'hui, Kashgar est rattachée administrativement à la République populaire de Chine et reste un centre majeur de la région autonome du Xinjiang. Au centre-ville se dresse encore une imposante statue de Mao, témoin de la période socialiste.

Que voir et que faire à Kashgar

La mosquée d'Id Kah

Érigée en 1442, elle reste le symbole religieux dominant de la ville et peut accueillir jusqu'à 10 000 fidèles lors des grandes prières. Les ruelles voisines abritent des échoppes de couteliers, de chapeliers, de joailliers et de marchands de tapis qui n'ont pas changé de métier depuis des générations.

Le Grand Marché du dimanche

Classé parmi les plus animés des marchés d'Asie centrale, c'est l'événement à ne pas manquer. Plusieurs espèces sont vendues au marché aux bestiaux de Kashgar : ovins, bovins, caprins de toutes sortes se pavanent dans le bazar. Vous pourrez vous arrêter devant les ateliers de tonte improvisés, les stands de bouchers, ou acheter des brioches et du riz à l'agneau cuisinés sur place.

Les marchés de nuit

À la nuit tombée, les rues s'animent de petits marchés où s'étalent les amuse-bouches locaux : brochettes d'agneau, de chèvre ou de mouton, têtes et pieds de chèvres bouillis pour les plus curieux, poumons fourrés à la farine pour les amateurs de cuisine ouïghoure authentique. L'ambiance folklorique mélange musiciens, marchands et familles attablées.

Les monuments incontournables

  • Mausolée d'Abakh Khoja — aussi appelé tombeau de la « concubine parfumée » de l'empereur Qianlong, l'un des plus beaux exemples d'architecture islamique de la région.
  • Tombe de Yusup Hazi Yajup — sépulture d'un poète et philosophe ouïghour du XIᵉ siècle, encore vénéré.
  • Grottes des Trois Immortels — sanctuaires bouddhistes datant du IIᵉ siècle, vestiges de l'époque pré-islamique.
  • Ruines de Ha-Noi — anciens vestiges de la cité de l'époque Tang.
  • Lac de Karakul — lac d'altitude au pied du mont Muztagh Ata, à environ 200 km au sud sur la Karakoram Highway.

Quand partir à Kashgar

Kashgar bénéficie d'un climat continental désertique : étés très chauds, hivers très froids, automne et printemps relativement courts. Les écarts de température entre jour et nuit sont marqués. La moyenne mensuelle varie entre 5,3 °C en janvier et 25,6 °C en juillet, avec seulement 64 mm de précipitations par an — l'une des villes les plus sèches de Chine.

  • Mai à juin : la meilleure période. Températures douces, arbres fruitiers en fleurs, marchés fournis. Idéal pour la Karakoram Highway.
  • Juillet à août : chaud (35 °C l'après-midi) mais c'est aussi la haute saison pour les fruits et les fêtes ouïghoures.
  • Septembre à octobre : ciel limpide, lumière dorée, foules réduites. Excellente fenêtre pour la photo et la randonnée vers le lac de Karakul.
  • Novembre à mars : à éviter sauf passion pour les paysages enneigés. Les routes d'altitude ferment.

Comment s'y rendre

Kashgar reste une destination lointaine, accessible par trois moyens principaux. Pensez à vérifier les conditions de visa Chine spécifiques au Xinjiang avant le départ : la région impose parfois des permis complémentaires.

En avion

L'aéroport de Kashgar se trouve à environ 10 km au nord du centre-ville. Il accueille des vols nationaux et régionaux depuis Urumqi, Hotan, Kuqa, Aksu, ainsi que des liaisons internationales vers le Kirghizstan, le Pakistan et l'Ouzbékistan (Islamabad, Osh, Andijan).

En train

La gare ferroviaire est à environ 5 km du centre. Des trains quotidiens relient Kashgar à Urumqi en 24 heures environ. Une expérience longue mais spectaculaire à travers les paysages désertiques du Xinjiang.

En bus

Des bus longue distance desservent Kashgar depuis les principales villes de la région. C'est l'option la moins chère, et la plus immersive pour rencontrer la population locale, mais comptez 20 à 30 heures de route depuis Urumqi.

Se déplacer sur place

Le taxi reste le moyen le plus pratique. Vous pouvez négocier avec un chauffeur pour un tour de la ville sur une demi-journée ou une journée complète, autour de 150 RMB. Les bus locaux permettent de se mêler aux habitants pour quelques yuans.

Où dormir à Kashgar

L'offre d'hébergement reste modeste mais suffisante pour tous les budgets. Liste à confirmer auprès de notre équipe selon les disponibilités du moment.

  • Guesthouses ouïghoures (15-30 € la nuit) — souvent installées dans la vieille ville, dans des maisons traditionnelles à cour intérieure. Petit-déjeuner aux galettes nan et thé au lait. L'option la plus immersive.
  • Hôtels de catégorie moyenne (40-80 €) — hôtels chinois standards proches du centre, climatisés, confort fonctionnel. Bon compromis pour un séjour court.
  • Boutique-hôtels et hôtels de charme (60-120 €) — quelques adresses rénovées dans la vieille ville mêlent décor ouïghour et confort contemporain.
  • Hôtels haut de gamme (150 € et +) — un ou deux établissements internationaux dans le quartier moderne, idéal pour une transition douce après plusieurs jours de piste.

Conseils insider

  • Allez au marché tôt. Le bazar du dimanche s'anime dès 9h ; à midi la lumière est dure et la foule dense. Prévoyez de l'eau et des chaussures fermées (poussière, animaux).
  • Apprenez trois mots d'ouïghour. « Yaxshimusiz » (bonjour) ouvre les sourires bien plus vite que le mandarin dans la vieille ville.
  • Goûtez le polo au laghman. Le riz à l'agneau aux carottes et le plat de nouilles tirées à la main sont les deux spécialités à tester absolument, idéalement dans un troquet de quartier plutôt qu'au restaurant touristique.
  • Anticipez les contrôles. Le Xinjiang est une région sensible : gardez votre passeport sur vous, attendez-vous à des points de contrôle réguliers et évitez de photographier les militaires.
  • Réservez la Karakoram à l'avance. Les permis pour le lac de Karakul et la frontière pakistanaise se demandent via une agence locale ; comptez 2-3 jours de délai.
  • Notre expert local de l'agence Sawa Discovery peut vous orienter vers les bons chauffeurs ouïghours et les guesthouses tenues par des familles, là où la rencontre est la plus authentique.

Kashgar, pour qui ?

  • Voyageurs curieux de la Route de la Soie qui veulent toucher du doigt le carrefour caravanier mythique entre Chine, Asie centrale et sous-continent indien.
  • Amateurs de cultures minoritaires en quête d'une immersion ouïghoure avant qu'elle ne change davantage.
  • Routards aguerris prêts à enchaîner avec la Karakoram Highway, le Pamir tadjik ou la traversée vers le Kirghizstan.
  • Photographes et passionnés de marchés : peu d'endroits au monde offrent une telle densité visuelle un dimanche matin.
  • À éviter pour ceux qui cherchent un confort balnéaire ou une destination familiale clé en main : Kashgar demande du temps, de la patience et une bonne préparation logistique.
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Questions fréquentes

Le visa touristique chinois standard suffit pour entrer à Kashgar. En revanche, certaines zones du Xinjiang (frontières, lac de Karakul, Karakoram Highway) exigent des permis complémentaires obtenus sur place via une agence locale, en 2 à 3 jours.

Mai-juin et septembre-octobre offrent les meilleures conditions : températures douces, ciel clair, marchés bien approvisionnés. L'été est très chaud, l'hiver très froid avec routes d'altitude fermées.

Comptez au minimum 3 jours : un pour la vieille ville et la mosquée d'Id Kah, un pour le marché du dimanche et les bazars, un pour une excursion au lac de Karakul. Pour pousser jusqu'au Pakistan ou au Kirghizstan, prévoyez une semaine.

La ville est globalement sûre pour les voyageurs, mais la région reste sous surveillance renforcée. Attendez-vous à des contrôles fréquents, gardez votre passeport sur vous et renseignez-vous sur la situation politique avant le départ.

Oui. Le col de Khunjerab mène au Pakistan via la Karakoram Highway (ouvert d'avril à novembre environ), tandis que les cols de Torugart et d'Irkeshtam donnent accès au Kirghizstan. Visa pays voisin et permis frontalier indispensables.

Calotte brodée Doppa, tapis ouïghours, couteaux artisanaux de Yengisar, fruits secs (raisin, abricot, jujube), instruments de musique en bois sculpté. Le Grand Marché du dimanche reste le meilleur endroit pour acheter directement aux artisans.

À découvrir aussi

Kashgar prend tout son sens dans un itinéraire plus large à travers le Xinjiang et la Chine profonde. Notre équipe peut vous aider à composer un voyage sur mesure mêlant Route de la Soie, désert du Taklamakan et hautes vallées du Pamir.

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